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Décembre 1937 : l’armée japonaise, lancée dans une guerre d’expansion coloniale
en Chine, prend Nankin, capitale du régime nationaliste du Guomindang. Six
semaines durant, la ville est livrée aux soldats nippons, qui se déchaînent dans
un massacre d’une cruauté sans précédent. En 1946, suite à la défaite du Japon,
la justice des vainqueurs tentera tant bien que mal de déterminer les
responsabilités et de punir les coupables lors de deux procès, l’un à Tokyo sous
l’égide des alliés, l’autre à Nankin voulu par Tchang Kaï-chek. Aujourd’hui
encore, le nombre de victimes n’est pas connu avec précision, les estimations
allant de quatre-vingt-dix mille à trois cent mille. Et les plaies ouvertes en
1937 sont loin d’être refermées.Si le souvenir de Nankin a été habilement
instrumentalisé par les dirigeants chinois, qui n’hésitent pas à en exagérer
l’ampleur, il est à l’inverse allégrement nié par des « historiens »
révisionnistes japonais auxquels les nouvelles générations accordent une
audience croissante. Aux provocations de l’ancien Premier ministre Junichiro
Koizumi, Pékin a longtemps répliqué en entretenant des sentiments xénophobes
chez les Chinois, les manifestations spectaculaires et « spontanées » répondant
aux dérapages lourds de sens des dirigeants nippons.Ce livre interroge deux
mémoires distinctes qui, entre propagande et tabou, s’affrontent. Par la
rencontre des victimes et des bourreaux, les analyses des plus grands
spécialistes chinois et japonais, la confrontation de documents d’archives
inédits et une enquête de terrain, de la Chine au Japon, Michaël Prazan
s’efforce d’éclairer l’événement plutôt que de jeter l’anathème. Une plongée au
coeur d’une histoire qui, aujourd’hui encore, menace l’équilibre de la région.
Le Massacre de Nankin 1937
Michaël Prazan
BELLES LETTRES
Le Goût de l'Histoire
Broché, 312 pages
€15,50 EUR
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